Elric, un héros qui n’est pas tout jeune, mais qui offre suffisamment d’originalité pour nous accrocher et nous donner envie de découvrir ses aventures !

Publié le Mis à jour le

J’aime acheter « un peu » au hasard des livres d’occasions que je trouve par-ci par-là, histoire de tester différents genres ou auteurs. Au risque que cela ne me plaise pas du tout, mais c’est toujours intéressant de prendre un peu de risque pas vrai ? C’est grisant lol
Je me suis donc procuré il y a quelques temps une série de différents livres d’auteurs que je ne connaissais pas, dont « L’Epée Noire, Le Cycle d’Elric » de Michael John Moorcock !
Je m’en vais vous compter l’histoire d’Elric de Melniboné… et vous dire ce que j’en ai pensé 😀


source

Nous suivons dans ce petit livre une partie des aventures de l’albinos Elric, dernier empereur de Melniboné, et de Tristelune sont fidèle compagnon. Elric, très faible physiquement, est attaché à son épée StormBringer qui lui fournit l’énergie qui lui permet d’être fort et de se battre.
L’épée est à la fois un atout et une malédiction. Elle lui offre santé, force et lui permet de réaliser des prouesses au combat, mais elle se nourrie de ceux qu’elle tue en prenant leurs âmes. Elric en vient même à se rendre compte que, tragiquement, l’épée finie toujours par lui prendre tous ceux auxquels il tient.
Ce livre comporte quatre nouvelles, Le Voleur d’âmes, Les Rois Oubliés, Les Porteurs de Flammes et Sauver Tanelorn.

Michael John Moorcock, né en 1939 à Mitcham près de Londres, est un écrivain Britannique (Londres… Britannique… vous vous en seriez doutés lol), auteur de nombreux romans touchant au fantastique, à la fantaisie mais aussi à la science-fiction.
Elric fait partie de la branche héroïque fantaisie des œuvres de Moorcock. Il voit le jour en 1961 – il ne date donc pas d’aujourd’hui :p – et le premier recueil de nouvelles d’Elric est The Stealer of Souls qui paraît en 1962. Moorcock revient à Elric de nombreuses fois dans sa carrière car ce personnage, comme d’autres que Moorcock a créé, prend place dans le Multivers (non, pas celui de Marvel ou de DC…), un ensemble d’univers parallèles où dans chacun d’entre eux existe un Champion Eternel, et Elric est l’une des incarnations de ce Champion.
L’Epée Noire (en version originale The Bane of the Black Sword) est le septième tome du cycle d’Elric donc clairement il y a de quoi lire sur ce personnage !


source

Ce qu’il faut tout d’abord savoir c’est que ce volume, étant le septième, commence en plein milieu de plusieurs arcs scénaristiques. C’est un peu comme si vous débutiez une série au milieu de la saison :p
C’est le risque lorsque l’on achète un livre au hasard, mais ce n’est qu’un détail qui n’entache en rien la qualité de l’œuvre. Au contraire, j’ai maintenant vraiment envie de connaitre toutes les aventures d’Elric, avant et après les événements que j’ai lus dans L’Epée Noire.
C’est une drôle de technique de ma part, je vous l’accorde 😉 Toutefois c’est un bon moyen de se surprendre aussi 😀

Bref, toujours est-il qu’en attaquant une histoire de la sorte, plus ou moins en plein milieu, j’ai eu un peu de mal au début de la première histoire « Le Voleur d’Ames » pour me mettre dans le bain et comprendre ce qu’il se passait, car en plus de ne pas connaitre le passif des personnages (je sais, ça, c’est ma faute lol) le côté fantaisie de l’histoire n’aide pas. Cela implique de nombreux personnages avec des noms relativement compliqués et difficiles à retenir, ce qui fait que l’on est un peu perdu durant les premières pages :p lol
Toutefois, au fur et à mesure que l’histoire avance, on rattrape les wagons et on recolle les morceaux de l’histoire pour que tout se décante et l’ensemble finit par être accrocheur. Dans cette première nouvelle, Elric cherche à se venger de Theleb K’aarna, un sorcier qui s’est joué de lui dans d’anciennes aventures. Mais surtout, on commence à découvrir la relation fusionnelle et troublante entre Elric et son arme StormBringer.
« Les Rois Oubliés » amène Elric et Tristelune à faire face à d’anciennes malédictions. L’ambiance est bien travaillée et on accroche encore plus à la qualité de l’histoire et au personnage d’Elric.
« Les Porteurs de Flammes » montre une facette intéressante du héros qui tente de résister à StormBringer, car il essai de la mettre de côté pour l’amour de Zarozinia.
Et pour finir « Sauver Tanelorn » change la donne avec un autre héros du monde d’Elric, l’archer rouge Rackhir. C’est étrange et à la fois intéressant de changer de personnage principal dans le même volume. Rackhir est bien amené et il nous emmène dans un voyage métaphysique, un peu tordu mais auquel on prend tout de même bien plaisir à participer.

Bien qu’il faille quelques pages pour se mettre dans l’ambiance, rapidement on se plonge dans l’histoire d’Elric. Le personnage, clairement anti-héros, est intéressant et présente un passif qui donne envie d’en apprendre plus sur lui. Il fait penser un peu à un Conan le barbare, mais en plus évolué. En plus d’être un guerrier, Elric pratique aussi la magie. Sa relation fusionnelle avec son épée StormBringer est très bien trouvée. On comprend rapidement qu’au final ils ne peuvent vivre séparément l’un de l’autre, ils sont totalement dépendants l’un de l’autre. J’ai vraiment beaucoup aimé ce principe-là, et cela rend encore plus attachant le héros qui est malheureusement maudit à cause de cette épée.
Et je dois dire que l’épée StomBringer me fait clairement penser à la Soulreaver que l’on retrouve dans la saga de jeux Legacy Of Kain. Les créateurs du jeu ont forcément dû s’inspirer de ces romans tant les similitudes sont grandes ! Toutefois, ce n’est pas un reproche mais une remarque. Cela m’a fait presque plaisir de retrouver ce principe dans un roman 🙂
Les histoires sont courtes et le découpage fait penser à un principe d’épisode ce qui rend la lecture très agréable. De plus, bien que cela ne date pas d’hier, les textes sont relativement bien écrits, avec un vocabulaire à la fois recherché mais très abordable, ce qui rend l’ensemble des nouvelles très faciles à lire.
A mes yeux, le seul vrai bémol est le côté un peu léger des histoires. Je trouve que l’ensemble repose vraiment sur le héros et ses aventures sont un peu légères. Il n’y a pas de gros rebondissements. Cependant, la qualité du personnage et son histoire tout de même tragique compense l’aspect léger des scénarios.


source

Bien que je ne sois pas un grand habitué du style héroïque fantaisie, j’ai vraiment accroché à ces nouvelles, très simples et faciles à lires. Le héros est charismatique et présente une mythologie assez développée pour intéresser et donner envie de lire les autres aventures, en tout cas c’est mon cas 🙂 Et comme je l’ai dit, je ne suis pas un fan du genre !
Pour un livre que j’ai pris complétement par hasard dans un style qui n’est pas ma passion, j’ai été agréablement surpris. Qui plus est, le style d’écriture de Moorcock n’a pas trop vieillit et reste tout à fait abordable même pour quelqu’un qui ne serait pas un grand lecteur (pas comme un H.P. Lovecraft qui est tout de même relativement dur à lire…).
L’Epée Noire est une acquisition que je ne regrette pas et que je conseil vraiment de découvrir, tout particulièrement pour les fans d’héroïque fantaisie mais comme vous pouvez le voir, cela peut plaire aussi aux non-initiés !
Je lui donne un beau 14/20. Le multiverse m’intéresse beaucoup et je pense que je me procurerais d’autres aventures d’Elric, mais découvrir les autres héros de Moorcock pourrait aussi être intéressant.

Enjoy !
A bientôt,

D.A.G.

10 réflexions au sujet de « Elric, un héros qui n’est pas tout jeune, mais qui offre suffisamment d’originalité pour nous accrocher et nous donner envie de découvrir ses aventures ! »

    fjva a dit:
    25 novembre 2018 à 17 h 51 min

    Ca ne me rajeunit pas 😉
    J’ai lu toute la saga (ainsi que quelques autres du Multivers, qui ont chacune un héros et une ambiance assez différentes) quand j’étais ado/jeune adulte. Et je pense que c’est l’âge idéal en tout cas pour Elric, car il est en révolte contre beaucoup de choses (sa famille, son peuple…). Il est souvent manipulé par Stormbringer ou Arioch, le dieu du Chaos, malgré ses tentatives d’y échapper.

    Aimé par 1 personne

      desmondag a répondu:
      27 décembre 2018 à 21 h 33 min

      J’avoue être au delà de l’ado/jeune adulte mais j’ai bien accroché 🙂 Sûrement mon côté geek :p
      En tout cas tous ces retours positifs me pousse à en lire plus.
      Merci pour ta visite et ton commentaire.
      A bientôt,
      Desmond

      J’aime

    toutloperaoupresque655890715 a dit:
    25 novembre 2018 à 18 h 19 min

    Dans les adaptations BD de l’univers de MOORCOOK, il faut noter Elric Le Nécromancien illustré par Philippe DRUILLET. Il n’est pas inintéressant non plus de noter que son univers a suffisamment plu au génial MOËBIUS pour qu’il intègre le personnage de Jerry Cornélius (un personnage de M.MOORCOOK) a son propre univers.

    Aimé par 1 personne

      desmondag a répondu:
      27 décembre 2018 à 21 h 31 min

      Merci en tout cas pour tous ces détails intéressant qui donnent bien envie d’en savoir plus sur le multivers de Moorcook.
      Et merci pour le com 🙂
      Au plaisir,
      Desmond

      J’aime

    lisez moi ça a dit:
    25 novembre 2018 à 21 h 51 min

    J’ai tout lu ELRIC !! Il y a plus de 20 ans que son univers d’héroïc fantasy est devenue l’une de mes références ! J’ai même joué au jeu de rôle STORMBRINGER !! Bien avant GAME OF THRONE, Moorcook avait bâti un univers badass et accessible !!

    À noter aussi le très bon boulot des éditions Glenat pour l’adaptation en BD

    Merci de m’avoir rappelé l’un de mes héros de jeunesse

    Aimé par 1 personne

      desmondag a répondu:
      27 décembre 2018 à 21 h 30 min

      Je ne savais pas pour le jeu de rôle. Intéressant 🙂
      Tout à fait d’accord, je ne connaissais pas du tout et j’ai trouvé l’univers très cool et accessible. C’est ce qui m’a plus et me donne envie d’en lire plus.
      Tu dis avoir tout lu, il y a beaucoup d’oeuvre sur Elric ?
      L’adaptation en BD je l’ai croisée il y a quelque temps dans un magasin, c’est aussi en top priorité sur ma shopping liste lol
      De rien, je suis content que l’article t’ai plus 😉
      Merci à toi pour le commentaire et à bientôt,
      Desmond

      Aimé par 1 personne

    Julien Hirt a dit:
    27 novembre 2018 à 8 h 28 min

    Insolite de lire cette critique qui insiste à ce point là sur le côté « ancien » des aventures d’Elric. Oui, ce sont des classiques de la fantasy, c’est pour ça que ces histoires ont traversé les années. Dira-t-on de Tolkien que ses romans « ne datent pas d’hier »? Et Victor Hugo? Et Homère?

    Et attention, petit détail: comme noté sur la couverture, le livre s’appelle bien « L’épée noire », pas « l’épée noir », parce que « épée », après tout, c’est un mot féminin.

    Aimé par 1 personne

      desmondag a répondu:
      27 décembre 2018 à 21 h 27 min

      Je ne vois pas trop pourquoi le terme « ancien » semble te choquer ainsi. Ce n’est pas péjoratif, loin de là. C’est juste un fait. Elric n’est pas un héros franchement très jeune. Tout comme Tolkien et Victor Hugo, leurs oeuvres ne datent pas d’hier 😉 (je suis d’ailleurs plus Tolkien que Hugo). Elric n’en reste pas moins une très bonne découverte.
      Par contre Homer Simpson est un héros relativement jeune. J’te taquine 😉
      Enfin bref, je ne trouve pas que j’insiste sur le terme « ancien » mais si c’est le cas ce n’est pas d’une manière négative. Les romans qui ont un certain âge peuvent être compliqué à lire, et il peut arriver que ce soit difficile de se plonger dans les univers des styles plus « ancien » que l’on lit moins de manière naturelle aujourd’hui. Mais avec Elric, je trouve que le style est très agréable et permet de se plonger facilement dans l’univers.
      Une belle découverte et je ne tarderais pas pour lire les autres livres de ses aventures.
      Merci pour ton commentaire et n’hésite pas à revenir,
      Desmond

      PS. Merci pour le détail, c’est corrigé 😉

      J’aime

    Lutin82 a dit:
    28 novembre 2018 à 21 h 45 min

    Un monument de la littérature. Belle critique pour cette série. Merci!

    Aimé par 1 personne

      desmondag a répondu:
      27 décembre 2018 à 21 h 05 min

      Merci pour le compliment. Je dois admettre que je ne connaissais pas du tout. J’ai acheté le livre au hasard et j’ai vraiment bien aimé. Les autres livres sont sur ma liste de futurs achats 😀
      Merci pour ta visite et ton com,
      Au plaisir,
      Desmond

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.